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Mazigh, Amazigh, Tamaziɣt

Isalan f Tmaziɣt (actualité berbere). Tiɣri n tlelli (la voix de la liberté)

Ansuf yeswen (kwent)

Azul fellawen(kent), 


 


 


 


Gloire à MATOUB LWENNAS et les Héros de la cause AMAZIΓ


 


 


 


(Tif xir lεebd ur neγri, isεan tamusni, wala w'iγran di tmenqas!) M.L.


 




 


 


 


 


 


NORTH AFRICA IS BERBER!
NORTH AFRICA WON'T BE ARABIC



A consulter http://www.algeria-watch.org/mrv/2002/bilan_emeutes.htm










Tes propos racistes ne font que m'effleurer, la vérité elle, te transperce le coeur. Les plus virulents sont les berbères arabisés qui ne savent plus qui ils sont!









azul af yal amaziγ si tegzirin tiknariyin ar siwa






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Temlal tasa d way turew!!! | 01 juin 2009

I tikkelt nnidhen, temla-yaγ-d dunnit d akken melmi aγref yexs kra n tγawsa, ur izmir yiwen ad-d izeg deg-webrid-is! Tagmats n Tmazγa temlal idhelli di Lparis akken ad-tezdh aâlaw n tadukli yeftutsen s ufus n udabu-acengu ahraymi (si tama ar tayedh n Tmazγa)!

Idhelli, imlal ufus n mmis n Wawras d ufus n mmis n tmurt Irifiyen imlalen d mmis n tmurt n Iqvayliyen... Imawen mmeslayen i tikkelt tamenzut, naγ ahat d yiwet ger tikwal ittunehsaben af idhudan ufus, s tacawit, taqvaylit, Tarifit, s TMAZIGHT, yerna yiwen ur issawel i tefransit naγ taaravt akken ad imsefham d gma-s (naγ d wletma-s, ulamma d tilawin llant, ta d taqvaylit, ta d tacawit, ta d tarifit)...

Udem n tyemmats yeflali-d m akken d tessawedh DIHYA, tin n tura (macci d tin akken ihurven aâraben zik) d tin akken id iffeγen mgal nnsen tura, akken am tarwa-s! DIHYA, tagellidt n Wawras tella-d garaneγ, tesdukkel tagmatt nneγ!

Γas akken wa d asurif amectuh, dacu nehsa d akken d asalu nnidhen ay nerza akken iberdan ur gezzmen ger Tkukt d Wawzellagen, ger Iâezzugen d Timsunin, ger Nadhor n Irifiyen d Nadhor n Icenwiyen...

Assa Tamaziγt terna-d talalit nnidhen "akken azekka ur d as ittuγal d azzekka" s sebba n tarwa-s ur neddukkel!

Idhelli iqqim uqvayli ar gmas acawi, isla-yas immeslay s tcawit, ifehm-as d akken ul a d netta itnadi tafat, tilelli d truzzi n uzaglu aârav, lameâna tazmert tenqes imi ayen texdem d lvattel taâravt s yisem n waâraven (nagh atmaten nneγ iqqlen d aâraven s yiman nnsen) macci d ayen ar ad nessizdeg di yiwen wass! abrid ad idhal tasawent ad taâar, lameâna nekkni d tarwa n wedrar, tasawunt akken txs ad tili, nekkni ad-tnagwar!

Ihi afus deg fus, Amiruc, Bessâa, Dihya, wid akk ur nessin ara, naγ wid ur nehdir ara, ad-d rnun γurneγ, ad-d nawi izerfan nneγ!!!

Tudert I tmaziγt d Imaziγen! Tudert i tarwa n Tmazγa akken tella! Acawi γas d Acawi, gmas assa am yidhelli, d Aqvayli, Acelhi d gmas Urifi, netta d gmas Ucenwi, Amzabi d gmas n Utergi..atg dacu d iqqimen ihi? D tadukli!

Ssya si PARIS

i Maziγ

sγur Aksel Aqvayli.

 

 

Photo : http://www.amazighworld.org/history/personalities/aksel.php

Publié par mazigh à 14:25:35 dans Maziɣ | Commentaires (0) |

UN SEUL REBELLE : MATOUB LOUNES | 28 mai 2009

(... et à ces gens sans entente, qui sèment le trouble et la honte...), ces charlatans que MATOUB de son vivant honnissait déjà (...zik Leqvayel s tiruggza, iqublen adrar ludha, tu qqlen d icettahen...) a t-il encore poursuivi en parlant de ces pseudo-rebelles du mois de juin! ils ont osé prendre cette apellation qui devrait leur être interdite même si c'est sa propre famille qui la proposait (MATOUB LOUNES appartient à sa Mère, vénérable Nna Aldjia, puis au Peuple Kabyle et par extension, Amazigh qui se reconnait en lui entier!!! (il n'est pas question ici des vendus, corrompus...et autres tarés issus de notre communauté 'yal tirect degs akerfa").

Vous avez décidé de rendre hommage au REBELLE, soit, mais ne rendez pas la désignation de REBELLE comme pouvant s'apparenter à des chanteurs de cabarets et de bàs-ventres en tous genres...

Ne méritent de lui rendre Hommage que les hommes et femmes de sa lignée véritable, les contastatires, les protestataires, les défenseurs acharnés de notre identité KABYLE complète (langue, tradition, civilisation et aspirations...)... Rien que ceux là! Mais hélàs, nous allons encore souffrir dans notre coin et pleurer sincérement otre lacheté de ne pas avoir rendu les coups à ces gendarmes assassins, services et complices... Rendre les coups non pas en les assassinants (nous sommes un peuple respectueux de la vie humaine et de la vie tout court), mais en ne se taisant pas tant que les assassins ne sont pas désignés, jugés et condamnés pour leur crimes contre le peuple KABYLE et à travers nous, contre l'humanité!

Ne nous voilons pas la face, ce crime est pareil que ceux déjà commis par les arabes à l'invasion de nos terres sous pretexte d'islam... Il vise à nous travestir de force comme le sont devenus nos frères et soeurs à travers l'afrique du nord, au point qu'ils se croient plus arabes que les arabes eux-mêmes... Voilà pourquoi LE SEUL REBELLE de ces dérnières années a été assassiné... Voilà pourquoi d'autres Rebelles (les martyrs du printemps noir) ont été assassinés ou handicapés à vie par ces mêmes descendants de hilaliens (pacifistes) et des mains berberes arabisées...

Au Zenith de Paris, il n' y aura aucun rebelle, la seule rebellion est celle qui se passe ici même en KABYLIE, et que le peuple supporte du mieux qu'il peut et avec courage, en défiant et refusant la dictature arabo-musulmane et terroriste qu'elle soit connue (le pouvoir assassin) ou floue (les relais de ce même pouvoir et bras calndestin armé)...

Nous n'attendons jamais le mois de Juin pour rendre Hommage à notre LOUNES, nous lui rendons hommage comme une prière quotidienne pour qu'à jamais il vive et soit le symbole de notre renaissance, La renaissance de la KABYLIE!

Hommage et honneurs à Lounes MATOUB et à toutes les victimes du printemps noir

Tant que la KABYLIE vit, l'espoir Vivra! et la démocratie vaincra

Vive Tamazgha

Vive la Kabylie

MAZIGH

Publié par mazigh à 14:22:56 dans Maziɣ | Commentaires (13) |

Discours de Ferhat Mehenni aux Nations Unies | 27 mai 2009

 

                                                                                                         

Instance permanente des peuples autochtones

L’Algérie opprime le peuple kabyle

NATIONS UNIES
INSTANCE PERMANENTE DES PEUPLES AUTOCHTONES
HUITIÈME SESSION

COORDINATION DES AUTOCHTONES FRANCOPHONES
C-A-F

L’ALGÉRIE OPPRIME LE PEUPLE KABYLE
L’UNE DES PREMIÈRES NATIONS
AMAZIGHES D’ALGERIE

Massa Taselwayt, inevgawen n lḥerma, imceyεen n iɣerfan imenza, azul sɣur Tamurt n Iqvayliyen. Meqqar d sin wawalen-a s teqvaylit di tejmaεt n leğğnas yedduklen, ad nelli yissen tiwwura n tudert tagraɣlant tunṣivt i weɣref aqvayli.

Madame la Présidente, honorables représentants des peuples autochtones, le peuple kabyle vous salue dans sa langue pour marquer son entrée officielle au Palais des Nations Unies, en ce mardi 26 mai 2009.

Le peuple kabyle est, depuis l’indépendance de l’Algérie (1962), le souffre-douleur du régime qui s’est imposé par la force. En stigmatisant chaque jour les Kabyles et en les désignant à l’opinion comme une grande menace sur l’unité nationale, le pouvoir algérien s’en sert comme bouc-émissaire et comme un formidable moyen de diversion politique à l’échelle du pays. La Kabylie a une forte personnalité qui lui donne une identité indissoluble dans tout ensemble politique qui ne la reconnait pas et ne la respecte pas pour ce qu’elle est.

Ainsi, les 47 années que viennent de passer ensemble ce pouvoir et la Kabylie sont faites d’un interminable bras de fer dont les apogées sont cycliques :

- Insurrection armée en 1963-65, révolte pacifique au « printemps amazigh » de 1980,

- Création de la première Ligue Algérienne des Droits de l’Homme en 1985,

- Boycott scolaire durant toute l’année 1994-95

- Révolte pacifique suite à l’assassinat du grand chanteur populaire kabyle Matoub Lounès en 1998.

- Assassinat de 126 manifestants pacifiques kabyles par les gendarmes algériens en 2001-2003 auxquels s’ajoutent plus de 1200 handicapés à vie par balles réelles.

- Boycott de toutes les élections présidentielles depuis 1999 dont les dernières, le 9 avril avaient donné lieu à de violents affrontements entre les citoyens kabyles (surtout dans la région de Tuvirett : Rafur, Imceddalen, Cherfa, At Hamdun, Taqervuzt, Tazmalt, At Zellal…) et les troupes dépêchées par Alger pour voter à la place des électeurs.

- Il y a 10 jours encore, Tala Ifassen et la localité de Vouândas (Kabylie-Est) ont connu des échauffourées opposant 1600 gendarmes aux citoyens de la localité qui exigeaient le rattachement de leur localité à une circonscription administrative kabyle. Trente neuf d’entre eux viennent d’être injustement condamnés à la prison lors d’un procès expéditif dans lequel leur défense n’était pas assurée.

Il faut rappeler que si le pouvoir mobilisait ne serait-ce que 800 gendarmes pour éradiquer le terrorisme islamiste, on n’en entendrait plus parler en Kabylie, et ce, en très peu de temps.

L’oppression identitaire

Le déni d’existence opposé au peuple kabyle, l’une des premières nations de ce qu’il convient d’appeler l’Algérie, fait de son identité, de sa langue, de sa culture et de son histoire un tabou. Pour le pouvoir algérien, le Kabyle ne doit avoir ni identité, ni langue, ni territoire. La Kabylie ne devrait même pas avoir de nom puisque, d’après lui, elle n’aurait pas d’existence. Le problème nodal est donc existentiel. Selon les tenants du régime algérien, elle ne devrait exister qu’une fois son identité morte, digérée par celle d’un pouvoir raciste, antikabyle.

L’occupation militaire et l’insécurité

Actuellement, et surtout depuis les élections présidentielles de 2004, Bouteflika, le président dont l’élection a toujours été sujette à caution, a quadrillé militairement l’espace kabyle pour prévenir une insurrection armée qui n’existe que dans sa tête. Malgré cette présence massive de militaires sur notre territoire, le ministre de l’Intérieur vient d’annoncer qu’il va y déployer des renforts de gendarmes auxquels il promet une caserne dans chaque commune de la Kabylie. A-t-on une intention génocidaire contre le peuple kabyle au sommet de l’État algérien ? Nous sommes forcés de le croire dès lors que l’insécurité est savamment entretenue dans cette partie du pays où les terroristes islamistes qui y sont des étrangers se promènent en toute impunité depuis 15 ans. Les kidnappings d’entrepreneurs y sont devenus une industrie très lucrative, plus d’une vingtaine en trois ans. Les faux-barrages routiers, souvent dressés à quelques centaines de mètres de ceux, officiels, tenus par des forces conjointes de la gendarmerie et de l’armée, rackettent de pauvres citoyens dans les voitures quand ils ne donnent pas lieu à des assassinats de jeunes appelés sous les drapeaux.

Le sabotage économique

Les autorités algériennes sabotent l’économie de la Kabylie pour en affamer le peuple et le réduire à la mendicité. Cela en faciliterait la soumission et l’aliénation, la dépersonnalisation. Ce sabotage se réalise à travers plusieurs pratiques :

- Obstruction à l’investissement public et privé par le refus d’agrément aux projets de création d’entreprises et d’industries viables.

- Refus d’assiette de terrain devant servir à l’implantation de l’usine ou de l’entreprise de services

- Refus d’accès à des devises pour l’importation de machines-outils

- Pression fiscale inégalée ailleurs et par laquelle, d’une part le pouvoir écume la plus value dégagée afin d’éviter son réinvestissement, et d’autre part pour pousser les industriels qui y sont implantés à quitter la région pour d’autres cieux plus cléments.

Même l’agriculture a été prise pour cible. C’est à coups d’incendies allumés par des gendarmes et des militaires que les autorités ont anéanti en l’espace de deux ans (2007-2008) plus d’un million cinq cent mille oliviers, ces arbres mythiques dont l’espèce est endémique, remontant à des millénaires et qui font l’économie, la santé et la fierté de la Kabylie.

Ses forêts (environ 200 000 ha) sont soumises à des incendies criminels depuis plus de vingt ans sans que les autorités ne s’en inquiètent ou tentent de les éteindre. Bien au contraire, y compris lorsque les flammes lèchent les maisons, les militaires interdisent à leurs propriétaires de les éteindre. Les seules années où nos forêts n’ont pas brûlé, ce sont celles durant lesquelles la Kabylie avait chassé les gendarmes de son territoire, pendant les « événements du printemps noir 2001-2003.

La démagogie de l’Algérie à l’ONU

Démagogique, l’Algérie a souscrit à toutes les déclarations de l’ONU sur les droits humains et a même voté celle du 13 septembre 2007 sur les Droits des Peuples autochtones. Sur le terrain, elle en viole l’ensemble des dispositions.

Avec l’appui de la communauté internationale et des organes des Nations Unies chargés du respect des pactes internationaux relatifs aux droits sociaux économiques et culturels, nous espérons faire ensemble pression sur le pouvoir algérien pour que le peuple kabyle puisse jouir de l’ensemble de ses droits que seule une autonomie régionale qu’il revendique à travers le MAK, lui donnera. La marche qu’il a organisée à cet effet le 20 avril dernier à Tizi-Wezzu et qui a drainé plus de 20 000 manifestants en est une preuve édifiante.

J’en appelle personnellement à toutes les consciences éclairées de par le monde pour aider ce peuple de 10 millions d’âmes qui, même en état de légitime défense, préfère une solution politique, l’autonomie régionale, à une solution militaire.

La solution de l’autonomie est celle qui pourrait régler bien des conflits dans le monde dont celui de l’Afghanistan, du Kenya, de l’Irak, de la Côte d’Ivoire, de la Somalie ou, plus proche de nous, celui opposant l’Algérie à travers le Polisario au Maroc qui, depuis quelques années, propose avec sagesse une autonomie régionale pour la bande du Sahara anciennement colonie espagnole.

Après avoir été à l’avant-garde de l’Algérie dans sa lutte de libération nationale, la Kabylie assume avec fierté le même rôle pour nombre de peuples du monde en bute à des problèmes de déni d’existence et d’oppression identitaire et culturelle.

New York, Palais des Nations Unies, le 26/05/2009

Ferhat Mehenni
Président du Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie

tiré de :          http://mak.makabylie.info/Discours-de-Ferhat-Mehenni?lang=fr

Publié par mazigh à 16:01:43 dans Maziɣ | Commentaires (4) |

Plan spécial pour la Kabylie pour le quinquennat 2009-2014 | 26 mai 2009

an 0 arabiser

1400 islamiser

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2009 : arabiser

2010 islamiser

2011 arabiser

2012 islamiser

2013 arabiser

2014 islamiser

Voilà en quoi se résume le plan du pouvoir arabo-baâthiste pour nous!

Frères et soeurs Kabyles, à vos corans et djilbabs!

Publié par mazigh à 18:00:49 dans Tameddurt | Commentaires (0) |

MASIN UHARUN (Haroun Mohammed initialement), Le Lion de la Soummam! | 25 mai 2009

Azul fellak a yameγnas n Tmaziγt. Mazal-aγ d Imaziγen! di nnif d nneqma n waεraben d wid degneγ inzan ar yeεdawen. Ulac idnaw, ala idnaw.... Amphi M di BAB-ZOUAR ar tura ittergigi ddaw taγect-ik, iγraben ssedh'han ddaw unexzur-ik!

Maziγ

 

Témoignage sur Haroun Mohammed ou Muhend U’Harun

par Ferhat MEHENNI  (datée de 2003)

C’est un bien triste anniversaire que nous commémorons en ce 22 mai 2003, puisqu’il s’agit de celui de la perte d’un grand homme de notre Histoire. Muhend U’Harun, né en 1949 à Tifrit près d’Akbou, nous a quittés après une vie entièrement dédiée au combat pour notre dignité d’amazighs, notre langue, notre identité et notre liberté ; une vie remplie d’épreuves, de courage et de douleur.

Fils de chahid, brillant élève au lycée technique de Dellys, je ne l’ai connu qu’en 1972 à l’Université d’Alger. Il suivait des études supérieures à l’Ecole polytechnique d’El Harrach. Notre rencontre a été organisée par des amis communs qui voyaient en nous des militants qui devaient se tendre la main. J’avais tout de suite deviné, en lui, un frère de combat, un homme d’action et de décision. Il avait la stature et les qualités d’un dirigeant politique. Il me fit rencontrer, à la cité universitaire d’El-Harrach où il avait sa chambre, des Touaregs du Mali et du Niger avec lesquels il militait et m’apprit, petit à petit, ses relations secrètes avec "l’Académie Berbère ou Agraw Imazighen" dont celles avec Hanouz et Bessaoud Mohand Arav. Le premier était le président et le second l’âme et l’animateur essentiel de cette institution hautement subversive, pour le pouvoir de l’époque, et pour cause ! Elle avait joué un rôle de premier plan dans l’éveil des consciences de notre génération au combat identitaire amazigh. Nous nous voyions souvent et discutions de la manière dont nous devions nous organiser. Il aimait me montrer combien les mathématiques avaient intégré, depuis le temps des Grecs, des termes amazighs dans leur terminologie.

Deux jours avant son arrestation par la terrible Sécurité Militaire de Boumediènne, il était venu à la Cité Universitaire du Vieux Kouba, où je résidais, pour dîner. Visiblement, il était traqué. Il me fit signe, discrètement, de ne pas l’approcher. Il ne voulait pas que je sois arrêté, même si, je n’étais au courant de rien dans l’affaire des "poseurs de bombes" dans laquelle il allait être impliqué et condamné à perpétuité par la Cour de Sûreté de l’Etat en mars 1976 à Médéa. Muhend U’Harun s’était défendu comme un lion devant cette inique juridiction et avait défié le système politique en place au moment où il était au sommet de sa puissance. Haroun avait plaidé le droit à notre langue, à notre culture, à notre liberté, bref, à tous nos droits élémentaires. Le verdict prononcé à son encontre lui coûta la liberté pour le quart de sa vie, la mort de sa mère dans un accident de la circulation sur la route de la prison de Tazoult-Lambèse où il était détenu, ainsi que des sévices physiques permanents aux séquelles et aux traumatismes internes irrémédiables. C’est cette expérience qui nous fit prendre conscience, à partir de 1976, que la voie de la violence n’était pas celle qu’il fallait prendre pour la conquête de nos droits. C’est grâce à son sacrifice que la Kabylie des Archs et de l’autonomie a pu voir le jour sans avoir, pour cela, à passer par les très dures épreuves endurées par d’autres peuples, comme les Kurdes, qui n’avaient pas eu la chance d’avoir un Muhend U’Harun.

Je n’ai pu le revoir qu’en février ou mars 1986 dans l’enceinte de la prison où nous étions incarcérés, après notre condamnation en décembre, par la même sinistre cour de sûreté de l’état, dans l’affaire de la Ligue algérienne des Droits de l’Homme. Ces retrouvailles ont été le résultat de négociations menées, avec la Direction de Tazoult-Lambèse, par Arezki Aït Larbi. A notre arrivée dans ce pénitencier, Muhend U’Harun était encore en isolement. Arezki avait demandé, au Directeur de la prison, si la décision de cette mise à l’écart de la détention était une manière de continuer à lui faire payer son acte, qui datait de plus de dix ans, ou si elle était motivée par d’autres considérations. Le responsable en question avait évoqué des problèmes de santé à l’origine de cette quarantaine qui date de plusieurs années déjà. Notre ami lui fit remarquer que la place des malades était à l’infirmerie et non aux quartiers d’isolement. C’est ainsi qu’il fut remis le jour même en salle de soins et que nous eûmes le bonheur de lui rendre une courte visite qui n’avait pas duré plus de cinq minutes.

A sa mort, j’étais réfugié en France et je n’avais pas pu lui rendre les honneurs que le devoir m’imposait. Puisse ces modestes lignes y contribuer et témoigner de son sacrifice et de son martyr pour l’éternité. Il y a quelques semaines, je me suis rendu dans le local d’une association de son village où une chorale, composée d’une majorité de petites filles, m’avait honoré d’un chant militant. J’ai, pudiquement, écrasé une larme en voyant parmi elles la fille de mon ami à qui elle ressemble trait pour trait.

Si nous étions en religion chrétienne, Haroun Mohammed aurait été béatifié, élevé au rang d’un Saint. Sachons honorer sa mémoire et graver, dans notre Histoire, son nom, en lettres de lumière et de poussières d’étoiles, en lettres d’éternité.

Repose en paix frère de combat.

Le 19 mai 2003.

 

Lire aussi :  http://tamazgha.fr/Ferhat-rend-hommage-a-Haroun,137.html

                 http://tamazgha.fr/Il-y-a-neuf-ans-Haroun-nous-quittait,1341.html

                 http://tamazgha.fr/Haroun-l-immortel,1352.html

Tamazgha, fidèle à ses convictions, Tanemirt


Publié par mazigh à 09:05:54 dans Maziɣ | Commentaires (0) |

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